Ben Johnston de Biffy Clyro en interview pour leur nouvel album


Le huitième album de Biffy Clyro, A Celebration Of Endings, devait sortir en mai dernier, mais le groupe a, pour des raisons évidentes, choisi de repousser cette sortie au 14 août prochain. Nous avons pu nous entretenir avec Ben Johnston, batteur, par téléphone. Toujours confiné chez lui en Ecosse, le musicien a bien voulu nous parler de ce dernier opus. Entre nouveau processus créatif et travailler avec le même réalisateur, Ben nous a confié quelques secrets d’enregistrement.

Salut Ben ! Comment vis-tu le confinement en Ecosse ?

Ben Johnston : Je suppose que comme tout le monde, j’ai beaucoup de visio-conférences via Zoom, je cuisine énormément, je passe du temps avec ma femme et je traîne avec mes trois chats ! Je me suis aussi entraîné à la batterie.

As-tu eu l’impression d’être plus productif ou plus inspiré pendant cette période ?

Je pensais que je le serais au début ! J’étais en mode « je vais devenir un grand batteur » et tout, mais en fait, j’essayais juste de m’en sortir et de ne pas paniquer. C’est une période tellement éprouvante, je ne veux pas avoir trop peur, tu sais. C’est vraiment le truc le plus gros qui soit arrivé dans notre vie.

Au moins, tu pouvais voir Simon se produire en direct sur Instagram et YouTube !

Oui, il a été en direct tous les vendredis et c’était magnifique. Quand il nous appelait avec James, nous essayions de chanter et de faire les harmonies mais personne ne nous entendait ! C’était étrange de voir Simon comme ça parce qu’il a l’habitude de crier mais c’était vraiment émouvant. Même avec ma famille et mes vieux amis, nous sommes restés en contact pendant cette période, mais ne nous inquiétons pas !
 

biffy clyro, a celebration of endings

Crédits photo : Ash Roberts

Vous avez décidé de reporter la sortie de votre nouvel album. Quel est l’impact du COVID-19 sur la promotion de votre musique ?

Eh bien, nous faisons cette interview par téléphone ! Et nous ne faisons pas de concerts, nous n’allons pas dans les stations de radio… C’est bizarre parce que nous devrions être en train de voyager dans le monde entier en ce moment et venir voir les gens en face. Nous devrions faire la promotion de l’album correctement et nous étions sur le point de commencer le cycle de  la tournée. C’est bizarre de ne pas promouvoir l’album avec le groupe, ce sont mes frères en quelques sortes ! J’ai vraiment hâte de refaire des concerts.

Quel rôle penses-tu que la musique joue dans ces moments-là ?

Je pense que c’est vraiment important parce que les gens ont besoin de musique, surtout pendant cette période. Nous ne savons pas quand cela va se terminer et des gens sont en train mourir. L’art peut aider beaucoup de gens et c’est beau qu’ils puissent se connecter avec certaines paroles, émotionnellement. La musique est vitale et nous espérons pouvoir aider les gens avec notre disque.

Peux-tu nous expliquer le titre «A Celebration Of Endings» ?

Je pense qu’il peut avoir une signification différente pour chacun d’entre nous. Mais cela signifie qu’il y aura bientôt un changement dans le monde et dans notre société. Nous espérons que les valeurs que nous considérons comme acquises vont évoluer. Nos droits humains fondamentaux sont en train de s’effondrer, c’est pourquoi nous voulons célébrer la fin de certaines choses. En ce moment même, j’aimerais célébrer la fin de nos conversations téléphoniques !

Tu penses donc qu’un changement positif est possible ?

Oui, nous ne pourrons jamais revenir à la normale, bien sûr, mais je suis sûr qu’un changement positif se produira. Je pense qu’un changement va se produire et j’espère que les gens se sentiront plus impliqués.

 

En quoi ce nouvel album est-il une suite d’Ellipsis, le précédent opus ?

C’est un album heavy ! Il y a plus de guitares, plus de cris et il y a plus d’énergie. Cela ressemble à une évolution de notre groupe au fil des années. Ellipsis a été une sorte de départ pour nous. Ce disque ressemble un peu plus à du Biffy. Rich Costey, le réalisateur, comprend notre groupe comme personne d’autre, donc ce nouvel album est une représentation de ce que nous sommes.

Nous avons reçu l’album de la part de Warner Music. Il est vraiment politique, ce qui contraste avec Ellipsis qui était plus personnel. Est-ce que cela a été fait intentionnellement ?

Oui, c’est probablement l’album le plus politique que nous ayons jamais fait. Je pense que vu l’état actuel du monde aujourd’hui, c’était inévitable. C’est vraiment difficile d’être artistique et de ne pas laisser la politique se diviser dans votre art. Il se passe tellement de choses et je pense que c’est une bonne chose que notre génération s’en soucie autant. Je n’ai jamais voulu avoir une conversation politique avec quelqu’un mais aujourd’hui, il est difficile de parler de quoi que ce soit sans mentionner la politique. Donc oui, A Celebration Of Endings traite de certaines questions de société et je pense que Simon a parfaitement fait son travail au niveau des paroles.

Pourquoi avez-vous choisi « Instant History » comme premier single ? Il ne représente pas vraiment l’album musicalement.

Nous aimons faire des blagues ! Nous ne voulons pas que les gens entendent une chanson et se disent « Oh, c’est une chanson de Biffy », nous voulons que les gens soient perdus et se demandent « Est-ce que tout l’album va être comme ça ? » Nous aimons faire peur aux gens pour qu’ils y réfléchissent à deux fois, parce que la dernière chose que nous voulons, c’est être prévisibles. Et nous aimons cette chanson, donc nous avons pensé qu’il serait bien que les gens l’entendent en premier.

C’est la chanson la plus électro que vous ayez jamais faite !

Oui, elle est vraiment pop et le refrain est très accrocheur. J’ai hâte de la jouer en live parce que ça va être amusant !

Avec « End Of » et « Tiny Indoor Fireworks », cela ressemble plus au Biffy que nous connaissons : de gros refrains, des guitares bruyantes ! On n’oublie jamais ses racines !

Exactement ! Et certaines personnes étaient vraiment plus heureuses !
 


biffy clyro, a celebration of endings

Crédits photo : Ash Roberts

Le son de ce nouvel album est plus expérimental. Pouvez-vous nous dire comment s’est déroulé le processus d’enregistrement ?

C’était le même réalisateur et je pense qu’avec ce nouvel album, nous avons eu un peu plus confiance. Les chansons sont heavy et nous sommes heureux avec ce son. Sur Ellipsis, nous avons travaillé avec Rich Costey parce qu’il n’était pas vraiment fan de rock. Il nous a forcé à essayer de faire l’album parfait. A Celebration Of Endings a plus de colère envers le monde et nous ne voulions pas faire Ellipsis 2.0. Sur ce nouveau disque, nous voulions plus de guitares lourdes et de cris. L’album est vraiment comme on imaginait qu’il allait être !

Penses-tu que ton groupe s’est adouci avec le temps ?

Je ne le pense pas ! Nous sommes moins punk rock, je suppose, mais il y a des éléments qui sont plus lourds sur cet album. C’est un disque lourd, bien sûr pas aussi lourd que nos trois premiers albums. Mais je pense que nous avons encore la capacité d’être heavy et nous écoutons toujours du metal.

A Celebration Of Endings résume en quelque sorte toute la discographie de Biffy Clyro.

Ouais, merci, je dirais ça aussi ! Il y a beaucoup de souvenirs dans ce disque en tant que groupe. La façon dont les paroles et la musique se sont réunies pour cet album est incroyable.

Vous avez également travaillé avec Rob Mathes qui est célèbre pour son travail avec Bruce Springsteen, Eric Clapton ou Panic! At The Disco.

Oui, c’est un merveilleux arrangeur, nous lui avons donné quelques morceaux mais il voulait en entendre d’autres au cas où. Il a fait quelques changements sur environ cinq titres. Nous avons fini par adorer les chansons ! Nous les avons enregistrées à Abbey Road à Londres qui est un studio merveilleux. Rob Mathes a apporté sa passion aux chansons et nous avons trouvé cela très romantique. Nous aimons le fait que nos chansons aient été aimées et adorées par un type aussi talentueux. Il a fait un travail incroyable sur « The Champ » et nous avons hâte que les gens l’entendent !

 

biffy clyro, a celebration of endings

Quant au visuel de l’album, quelle est l’idée derrière la pochette ?

Nous voulions mélanger différentes époques : le passé et le futur. Il y a des éléments de l’Histoire et des choses de la vie d’aujourd’hui. C’est pourquoi la peinture a un effet glitch. C’est censé avoir l’air un peu punk rock.

Le titre de fin est « Cop Syrup » qui est vraiment punk et bizarre. Simon finit par dire « Fuck everybody woooo ». Pourquoi avez-vous choisi ces mots pour finir l’album ?

C’est merveilleux, tu sais ! On a l’impression que Simon a fini de prendre de mauvaises décisions. C’est aussi un message pour les gens qui se plaignent de notre groupe ou qui nous disent quoi faire, on dit juste « qu’ils aillent se faire foutre ». C’est notre groupe, alors occupez-vous de vos affaires ! C’est vraiment un « allez vous faire foutre » pour ces gens.

Y a-t-il un album de faces-B prévu comme vous le faites habituellement ?

Bien sûr ! Nous n’y avons pas vraiment travaillé car nous n’avons pas eu le temps d’être tous ensemble, mais il y en aura certainement un.

Merci à Valentin de Warner Music pour l’interview.



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