Marucha Castillo nous parle de « Raconte Pas Ta Vie », l’autobiographie de Sven

4 ans quasiment après le décès de Sven « Lava » Pohlhammer, guitariste de Parabellum, du Bal des Enragés, de Flor Del Fango, de Fatal Monstrum et tant d’autres, le manuscrit qu’il avait commencé sort aux Editions du Joyeux Pendu.
« Raconte pas ta vie », autobiographie malheureusement inachevée, ou le récit d’une jeunesse de voyages et de Rock.
A cette occasion, La Grosse Radio a rencontré
  Marucha Castillo   (Flor Del Fango, Gas Gas Gas…),  la femme de   Sven  , pour évoquer ce livre.


Marucha, raconte-nous comment est né ce livre.

Sven l’explique dans le livre. Ca a commencé en 2016. Il a été poussé par des copains, par Raphael Rinaldi, et tous ses potes disaient la même chose, moi aussi, sa famille aussi… On l’a tous encouragé. Si bien qu’il a commencé à écrire son autobiographie. Il a commencé à écrire, avec son langage si particulier, et sa façon qu’il avait de revenir vers le présent, d’ajouter ce qu’il appelait des « Svennews », ces paragraphes qui nous ramenaient vers l’actualité du moment.

Pour moi c’était des très gros moments de rigolade. J’étais à la maison, je faisais autre chose, et au bout d’un moment on entendait Sven qui se tenait les côtes, qui n’en pouvait plus. On lui demandait, et il partageait ce qu’il écrivait, des trucs très drôles de ses souvenirs qui le faisaient mourir de rire. Il était très heureux dans ce processus d’autobiographie. Malheureusement il n’est arrivé que jusqu’au coup d’état au Chili, puis il est parti, il n’a pas pu continuer. Mais sinon ça autrait été une encyclopédie en plusieurs volumes !

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Sven a été déraciné très vite, mais il a des racines partout. Il a toujours été sur la route, c’était quoi son moteur?

Oui c’est vrai. Il disait souvent « my name is Bond, Vaga Bond ». Et il était fier de ça. On a toujours aimé ça, l’humour et les voyages, les dépaysements. On est plus des nomades que des sédentaires, même si heurusement on avait aussi notre pied-à-terre. Mais pourquoi il voulait bouger tout le temps, c’est lui qui a la réponse. La musique je pense, parce que ça t’amène à être partout, faire des voyages, à aimer les voyages, à rencontrer des gens différents dans des lieux différents. Et aussi cette grande ouverture d’esprit et de coeur, qui fait que plus tu connais des choses différentes et nouvelles, et plus tu ouvres ton coeur et ton esprit, et ainsi de suite. C’est comme une spirale qui grandit et grandit. Bien sûr aussi il avait des moments très casaniers, il adorait être à la maison, avec la famille, autour du feu, toujours avec une guitare dans les mains. Il aurait souffert énormément, de ne pas pouvoir se dire « OK je suis là, mais même si je reste 10 jours, je peux déjà créer autre chose, enregistrer un autre projet à la maison, mais je sais que je vais prendre un camion et repartir. » Le fait de ne pas pouvoir se projeter dans le futur, de ne pas voyager, je pense qu’il aurait beaucoup souffert.

Difficile de parler de Sven sans évoquer Schultz.

Oui c’est vrai. Schultz était un frère. C’est le tonton de nos fils. Et j’imagine pour beaucoup d’autres d’ailleurs, c’est tonton Schultz. Le grand nounours qui t’attrapait dans les bras, c’était très franc. Très chaleureux. Ce qu’ils avaient tous les deux, c’est qu’ils avaient traversé tant de choses ensemble, y compris le moment terrible de la séparation, après une tournée au Canada.
Jusqu’à la reprise, c’était très dur, pour les deux. Mais quand Parabellum a redémarré ils étaient encore plus proches, ça les a vraiment soudés. Des frères. Jusqu’à la mort de Schultz. Sven était très mal, et forcément ça a dû lui projeter sa propre mort. Il a pris dix ans avec ça. Mais il s’est reconstitué, avec encore plus d’ouverture et de bonté. Ces denrières années il était heureux, il a fait plein de choses, avec plein de projets.

Si tu devais sortir quelques moments forts du livre, tu choisirais quoi?

Il y a un paragraphe, très court, où il a eu un flash et où il explique que c’est une bonne seconde pour mourir. Ce passage est très beau…
Sinon il y en a un peu partout. Dans chaque chapitre il raconte quelque chose qui touche l’humain, la fibre humaine. Il ne raconte pas seulement sa vie. Ces petits moments où ça perce la surface de l’être humain, où ça va au plus profond, avec cette clarté, cette bonté, et cet espoir surtout, c’est ça qui me le rend très présent. Et qui fait sentir qu’il n’y a pas de barrière. Qu’il n’est pas mort. Son corps est mort, mais tout ce qu’il y a d’absolu, de bonté dans cette personne n’est pas mort. Ca me donne de l’espoir pour nous tous.

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Photo: Pierre A. de Oliveira Castro

Comment s’est faite la rencontre avec Pascal Pacaly, qui a édité le livre?

Ca c’est encore un de ces petits miracles. Il y a un terme qu’on utilisait souvent avec Sven, qu’il avait trouvé dans dans un livre, Shamhala, c’est le Drala. C’est un genre d’elfe, mais c’est bien plus qu’un  être magique. C’est le fait que quand tu es impeccable, l’extérieur l’est aussi. Sven, il lui arrivait toujours des choses comme ça. Comme il était cool, qu’il essayait d’être le plus impeccable possible, il arrivait toujours à avoir des belles rencontres. Et malgré sa disparition physique, ces trucs-là continuent.
On était avec Flor del Fango, et Pascal voulait faire quelques pages sur le groupe, pour un de ses propres livres. Il a appelé Napo Romero (Chihuahuas, Flor Del Fango, Mano Solo), et ils ont discuté. Puis il a demandé à Napo s’il voulait faire une biographie. Napo n’était pas prêt, mais lui a dit que Sven, avant de mourir, était en train de faire sa biographie. Il m’a contactée, et c’est venu comme ça. Des rencontres, encore et toujours.

RACONTE PAS TA VIE
Sven « Lava » Pohlhammer
2020, Autobiographie rock, 140 pages.
Editions du Joyeux Pendu
Le livre est disponible sur le site en ligne des Editions du Joyeux Pendu ici.

Résumé du livre:
Sven “Lava” Pohlhammer: voilà un nom qui sent le rock. Quelque part entre le Chili, l’Espagne et la France. Mais surtout un homme du monde, sans réelles frontières autres que celles qu’il s’imposait. C’était aussi un guitariste, et quel guitariste ! Des Ex-Babies en passant par Parabellum, Gas Gas Gas, Flor del Fango au Bal des Enragés, l’homme aux tenues si excentriques et à l’immense gentillesse a laissé une trace ineffaçable sur le rock français des années 80… jusqu’à son décès en 2017. Il laisse derrière lui bien des souvenirs.

Une partie de ceux-ci sont rassemblés dans ce livre qu’il avait commencé en 2016 et hélas, pas fini. Il n’en reste pas moins un témoignage fort de son enfance, de son adolescence et de toutes ces rencontres artistiques qui vont faire de lui le fantastique bohémien et rockeur que l’on connaissait si bien. Du moins, la partie émergée. Raconte pas ta vie transpire le soleil, la chaleur humaine, cette envie de danser, fêter la vie. Et le rock aussi bien sûr, en filigrane dans le texte, à travers les héros de son enfance comme Jimi Hendrix et bien d’autres. Il en a fait des concerts, il en a vu des choses, des hommes et des femmes. Bref, vous l’avez compris, il raconte pas sa vie
 



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