Fuzzy Vox – Program and control

Le trio rock from Joinville-le-pont a 10 ans… T’ar leur gueule aux Fuzzy à la récré si on les chope ! Histoire de faire le buzz pour la sortie de ce troisième album, ils nous ont fait croire sur leur page Facebook qu’ils splittaient ! Déferlante de commentaires plus snif-snif les uns que les autres, et nos sales gosses de rassurer leurs fans, en leur annonçant la bonne nouvelle… Car c’en est une effectivement, ni plus ni moins que le fameux “album de la maturité”. Clinquant à souhait, toujours aussi joyeusement pétaradant et cherry sur le cake, d’une classe British folle. Un univers sonore cohérent, agrémenté d’un savoureux clin d’oeil aux jeux d’arcade d’antan, empreint d’une nostalgique joyeuse. C’est officiel, les Fuzzy Vox ont sauté une classe et jouent désormais dans la cour des grands.

Selon Hugo Fabbri, frontman et guitariste, cela fait bientôt deux ans et demi que les Fuzzy Vox ont commencé à taffer sur leur troisième album, qu’ils ont du retarder de presque un an “à cause de ce p*tain de covid” (en fuzzysque dans l’texte…). On connait le goût pour les blagues potaches du sieur Hugo, surtout lorsqu’il cède la place à son Mister Hyde de Vigor Hugo, son alter-ego one-man-band… Mais il s’agit là d’un aveu des plus sérieux, une prise de conscience de l’enjeu du terrible troisième album. Un virage parfois difficile à négocier (bon on dit ça aussi du second…) et qu’ils ont pris pépouze, à peine décoiffés. Pour leur précédent forfait, nos rockers fuselés avaient traversé l’Atlantique. Cette fois-ci, ils n’ont pas eu à se taper des miles pour trouver le son de “Program and Control”. Ils ont franchi la frontière pour se rendre au studio We Tailor Sound. Chez Robin Schneider et Nicolas Wilhelm, des “artistes du sur mesure”, installés depuis 2015 dans le sud-est du 9-3 voisin. Serait-ce eux qui ont apporté cette débauche de claviers qui collent littéralement à l’énergie débordante d’optimisme du son Fuzzy Vox…  

Fuzzy Vox © Steve Treguier et Théophile Neuville
© Steve Treguier et Théophile Neuville

En 2016, notre spécialiste le bon docteur Eric Jorda notait que ses patients garageux, fans de la première heure, allaient sans doute tiquer sur la dose pop élevée de “No Landing Plan”. Il est donc probable qu’ils fassent une sérieuse rechute… Claviers luxuriants, choeurs inspirations grande époque (la seule, la vraie, celle de l’Angleterre de la fin des sixties), ce sera effectivement pas assez brut à la première écoute pour nos puristes. Mais qu’ils se rassurent, même derrière des titres trompeurs comme “Reggaeton” - c’est une manie ou quoi ces prank, les gars ? - ça “dépote” toujours aussi sévère ! Une preuve ? Le riff noisy à la basse qui chasse la petite voix de jeux vidéo et la scansion énervée de Hugo qui introduit “Free”, le titre d’ouverture. Par là-dessus surfent des vagues de cuivres charnus, les claviers chaleureux et mutins pré-cités et des vrilles de fuzz. Une excellente entrée en matière en somme. “Clowns” et ses suaves “always getting better baby”, sur fond de guitares savamment saturés, de basse rebondissante et de drums épileptiques, joue dans la même catégorie, à l’instar du nerveux et racé “Endless conversation”. Et même lorsqu’ils s’essaient à la pop la plus débridée - “Charm” porte son titre à merveille - c’est avec l’esprit frondeur et gamin qui caractérise nos Fuzzy Vox.

Si l’intro synthé de “Stayhere” surprend, on comprend vite qu’il est un des nombreux indices du fil rouge de l’album. Le clin d’oeil aux jeux d’arcade de leur enfance est perceptible d’entrée grâce à la pochette et le clip de “Stayhere” enfonce le clou. Et il est totalement assumé dans “Mariokart” ou avec l’intermède de “Alone in the summer” bis. “Starkiller” aurait lui fait une bonne B.O de série SF des seventies et “Alone in the summer” est un bonbon acide et frais. “Let you go” longue balade scarabesque qui conclut ce troisième album, peut être considéré comme un écho à l’envoutant “Spaceship”.

Sorti le 22 janvier, pour se le procurer c'est ici.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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