Steven Wilson – The Future Bites

C’est en ce vendredi 29 janvier que The Future Bites peut enfin être dévoilé au grand public après avoir vu sa sortie décalée en raison du contexte sanitaire. Un opus encore bien différent de tout ce qu’a pu auparavant produire l’artiste. Il y mélange de la musique progressive à de la pop en passant même par de l’électro, de quoi en dérouter plus d’un. Est-ce que ce mélange est réussi ? C’est ce que cette chronique va analyser.

Cette fin du premier mois de 2021 est marquée par la sortie de The Future Bites, nouvel album solo du cher Monsieur Wilson. Une composition des plus surprenantes qu’il faudra peut-être écouter plusieurs fois avant d’y accrocher. Inutile de présenter le personnage qui possède une longue carrière derrière lui autant en groupe qu’en solitaire depuis le début des années quatre-vingt-dix. Ceci explique sûrement cette volonté de changer de bords, d’explorer de nouvelles manières de composer, ou tout simplement d’évoluer avec les années.

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Les premiers albums solo du britannique étaient très nostalgiques, To the Bone reflétait les années quatre-vingt et The Raven that Refused to Sing les années soixante-dix.  Ainsi, dans The Future Bites, Steven cherche à s’ancrer dans le présent avec de la modernité et de la nouveauté. Pour arriver à cela, il fallait donc se détacher de son combo traditionnel : guitare, basse et batterie en se basant sur l’électro jusqu’à en oublier tout sentiment de nostalgie. Chose qu’il a bien fait comprendre avec la sortie de son premier long single épique et ambitieux “Personal Shopper ». Premier extrait lâché telle une bombe auprès d’un public inquiet de la suite que cela pourrait prendre. Cette chanson est à mi-chemin entre la déclaration d’amour et la description des mauvais côtés du shopping, notamment du e-commerce. Un sujet d’actualité ! Steven commente même cet aspect négatif en disant « Ce qui est encore plus glauque, c’est de se dire qu’il y a des algorithmes créés pour analyser nos schémas de consommation pour ensuite nous spammer et nous forcer à acheter quelque chose dont on n’a pas besoin« .

Néanmoins, s’il y a bien une signature de Wilson indéniablement présente dans The Future Bites, c’est ce côté sombre présent dans l’ensemble de sa discographie. Ici, des chansons comme « King Ghost » ou « Count of Unease » nous plongent dans cette fameuse mélancolie. Tandis que « 12 Things I Forgot » nous rassure sur la tournure de l’album avec des sonorités plus familières de l’artiste. Sans compter les petits solos de guitare retrouvés sur « Eminent Sleaze » ou « Follower ». Par ailleurs, The Future Bites possède quelques interventions intéressantes notamment celle de Jason Cooper (The Cure) et de Michael Spearman (Everything Everything) sur « King Ghost ». La participation la plus drôle reste celle d’Elton John sur « Personal Shopper ». Il n’y chante pas mais se contente de lire une liste de courses… Un peu surprenant d’inviter une telle figure de la musique pour ce genre d’action. D’ailleurs, dans notre interview réalisée à l’occasion de la sortie de The Future Bites, le multi-instrumentiste décrit la participation d’Elton John sur ce titre comme « de l’humour noir sur la société de consommation ».

Bien qu’il utilise une musique bien plus moderne voire mainstream, Steven Wilson n’a pas pour objectif d’inspirer la jeune génération ou de dénoncer la société actuelle en faisant passer certains messages à travers sa musique. Il a pour but de ne pas reproduire sa musique habituelle. Il s’agit là d’une excellente idée au vu des nombreux anciens groupes ou artistes qui continuent à sortir des albums aussi similaires les uns que les autres à leurs anciennes compositions. Encore faut-il que le pari de Monsieur Steven soit réussi et plaise à l’auditoire. The Futures Bites va probablement déplaire aux puristes du monde progressif et être apprécié par les plus ouverts.

Chaque album de Steven Wilson possède un fil conducteur et celui de ce nouvel album concerne la notion de la représentation de soi-même et de l’identité. L’influence des réseaux sociaux y est également abordée. Effectivement, de nos jours, il s’agit d’outils très controversés. A savoir qu’ils peuvent être utilisés de manière positive comme négative et que notre société actuelle est très accro aux téléphones portables. La chanson « Self » aborde d’ailleurs cet aspect négatif voire narcissique de l’être humain. Désormais, la société ne regarde plus autour d’elle à trop se concentrer sur son téléphone ou son ordinateur. C’est le genre d’idées également transmis à travers « Eminent Sleaze » et « Personal Shopper ». Ces réseaux ainsi que les médias nous trompent régulièrement avec des informations fausses ou erronées. Ainsi, Steven le partage très bien à travers la pochette de The Future Bites car en regardant attentivement la pochette, ce n’est pas lui ! Il s’agit en réalité d’un mannequin modifié par ordinateur pour lui ressembler. C’est une blague visuelle jouant sur la perception. Comme le dit si bien Steven « faut-il croire ce qu’on voit ? ».

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La première écoute de ce nouvel album a beau être surprenante voir déroutante pour certains, il suffit de l’écouter plusieurs fois et d’en comprendre le contexte pour l’apprécier à sa juste valeur. En y réfléchissant, Steven a toujours une idée derrière la tête, une raison qui le pousse à emprunter tel ou tel virage et lorsque celui de The Future Bites est compris, il en rend l’album d’autant plus appréciable. Finalement, son public (tout comme Steven d’ailleurs) en arrive à ne plus savoir à quoi s’attendre avec lui. Ne pas être prévisible devient un mot d’ordre pas plus mal que ça. Non seulement le compositeur ne s’enferme pas dans sa zone de confort mais en plus de cela, le public ne peut pas être lassé ! Rendez-vous donc pour un prochain album qui sera tout aussi différent mais bien écrit à la Steven Wilson.

Sortie le vendredi 29 janvier 2021 via Caroline Records.

Tracklist :

Unself
Self
King Ghost
Things I Forgot
Eminent Sleaze
Man of The People
Personal Shopper
Follower
Count Of Unease

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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