Foo Fighters – Medicine At Midnight

Voici les 25 ans de carrière et le dizième album studio pour le groupe de Dave Grohl. Medicine At Midnight devait sortir l’an dernier et être célébré en grande pompe dans les stades et festivals mondiaux. Il n’en fut évidemment rien. Le premier single « Shame Shame », assez décrié, est sorti le 10 novembre dernier. Puis un second, le premier janvier, « No Son Of Mine ». Enfin, un troisième « Waiting On A War » le 19 janvier, et enfin donc, l’album, mais concernant le fait de le faire vivre en concert, là où s’apprécie complétement la musique de Foo Fighters, ce n’est encore pas demain la veille…

Il faudra donc pour l’instant se contenter des 9 titres pressés dans cet album et patienter. Comme tout le monde musical, Foo Fighters tente de faire vivre malgré tout sa musique. Dave Grohl allant même pour occuper l’espace médiatique jusqu’à faire plusieurs battles de batteries avec une fillette prodige, Nandi Bushell. On en est là, soit pour l’image diront les plus sceptiques, soit par pure coolitude diront les fans. Voilà donc pour l’actu récente de Foo Fighters depuis la sortie de l’EP 01070725 en septembre 2019.

Medicine At Midnight a été produit en octobre 2019 juste après la sortie de 01070725, comme le précédent Concrete And Gold, par Greg Kurstin (Adele, Kelly Clarkson) avant l’arrivée du covid dans nos vies. Par sa teinte générale, enjouée et optimiste, il apparaît comme une bouffée d’air frais en ce mois de février proche d’un nouveau confinement… Avec ses 9 chansons en 36 minutes au compteur, il est avec Sonic Highways le plus courtdes albums du groupe, ce qui peut paraître surprenant pour un album qui se voulait être un événement pour le quart de siècle du groupe.

Pourtant, la carrière de Foo Fighters ainsi que leurs influences y sont parfaitement insufflées tout au long de l’album. Les auditeurs les plus réguliers ne seront pas perdus mais pourront aussi noter une approche plus pop de la musique du groupe. Le premier single « Shame Shame » avait d’ailleurs beaucoup fait parler car étant perçu comme trop mou et répétitif, si effectivement une place évidente dans la discographie du groupe est dure à trouver, on y note pourtant l’allant et les montées habituelles chères à Grohl. Il semblerait que le groupe ait construit cet album à la fois comme une continuité hommage et une cassure avec leur style classique.

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L’album est plus que parcemé de ballades qui auraient très bien pu avoir leur place dans Skin and Bones (2006), l’album acoustique du groupe, avec les power ballades « Shame Shame » et « Waiting On A War », l’émouvant slow « Chasing Birds » et l’éponyme « Medicine At Midnight ». A côté de ses 4 titres offrant des reprises de souffle, 5 titres variés, vivants et excitants. L’antimilitariste « No Son Of Mine » pourra être perçu comme un hommage de Dave à son ami Lemmy Kilmister avec ses riffs ravageurs dans le style speed metal de Motörhead. C’est le titre le plus percutant d’un album finalement en dents de scie. Même parfois au cours des morceaux, la direction n’est pas claire comme sur l’irrégulier « Holding Poison ». Heureusement quelques titres offrent de belles surprises comme le disco rock « Cloudspotter », probablement le titre dansant le plus marquant parmi ceux de Medicine At Midnight. Avec le sublime « Waiting On A War », ce sont bien les ballades qui tirent leurs épingles du jeu, c’est en cela que les fans pourraient marquer leur déception… 

Si cet album est court, il arrive pourtant à être assez équilibré pour être intéressant sur la durée. Il pourra néanmoins décevoir les fans qui devaient en attendre beaucoup plus et qui seront affamés lors de la reprise des concerts. On attendait également un véritable hymne, rôle passablement joué par le final « Love Dies Young », à la hauteur des anciens « The Pretender », « Best Of You » ou encore « Everlong ». On continuera d’attendre, comme nous serons des dizaines de milliers prêts à hurler les refrains en choeur en festival et quelque soit le morceau, les Foo Fighters nous raviront.

Sortie le 5 février chez Roswell Records / RCA Records

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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