Johnny Mafia, le plus sentimental des groupes de Sens


Johnny Mafia. Sens, la capitale du monde. Après deux albums qui nous ont propulsé cette vérité vraie, les trublions Johnny Mafia sortent leur troisième album, sobrement intitulé « Sentimental ». A cette occasion, La Grosse Radio a pu échanger quelques mots.

Vous avez commencé cet album quand?

On a commencé à composer avant la pandémie, et il y a eu pas mal de morceaux composés pendant le premier confinement, quelques uns aussi juste après. quand on a pu re-répéter. On a été très sages pendant le premier confinement, on n’a fait aucune répète. On ne s’est pas vus. Parce qu’on ne savait pas ce qu’était ce virus qui nous faisait si peur, alors que ce n’est pas grand-chose [rires]. Donc oui on a bien bossé jusqu’avant l’été, puis on a enregistré en juillet.

On a eu plus de temps pour le composer, du fait de l’arrêt des concerts, et puis on avait un peu plus d’idées. Une envie de se lâcher, on ne voulait pas se priver sur les idées qu’on avait. On n’a pas dit oui à tout, mais dès qu’on avait une idée, on l’essayait, on voyait ce que ça donnait. On s’est donné moins de restriction.


Vous avez enregistré où?

Au Warm Audio, en banlieue lyonnaise, à Décines exactement. Avec Kris Banel. C’est un studio qui date de 2006, et qui a enregistré toute la scène punk de l’époque.


 

On a toujours voulu faire les trucs par nous-mêmes

Et par rapport à l’album précédent, qui a été réalisé par Jim Diamond ?

Au final, Jim Diamond a été un super ingé son, il a ramené deux-trois idées c’est vrai, mais il n’a pas contribué à fond à l’album. A part au niveau son bien sûr, mais sinon le précédent album, tout comme celui-ci, je ne pense pas que la composition, ou les arrangements ont beaucoup changé. Il ne nous avait pas trop dicté ce qu’on devait faire, et d’ailleurs on y tient. Et pour l’album qu’on vient de faire, c’est pareil. On a toujours voulu faire les trucs par nous-mêmes, les arrangements comme on les voulait. Quand on enregistre on cherche plus quelqu’un qui sait travailler notre son, plutôt que quelqu’un pour les compositions et ce genre de choses.

Le son de l’album est plus compact aussi, moins de délais et réverbes à l’extrême sur les guitares. C’est aussi un choix?

Il y a moins de morceaux où il y a de la place pour ce genre de choses. Il y a moins de fioritures. Quand on fait les choses, on les fait vraiment, et ça joue sur ce qu’on fait, ce qu’on utilise. On a mis beaucoup moins sur les guitares doublées, pour ne pas avoir ce décalage dans le son, avoir un truc plus présent, plus massif. Et Kris nous a fait doubler les grattes surtout sur les refrains avec un son énorme. C’est ce qui donne ce côté fat.

Vous avez commencé à bosser la scène?

Oui, on a fait une résidence à Chalons, à La Péniche. Ca s’est super bien passé, on a un set ravageur.
C’est le premier où on se dit que ça marche de A à Z. Je suis content de ce qu’on a construit. Parce qu’un set, c’est compliqué. Je tire mon chapeau aux groupes qui arrivent à changer de set à chaque concert. Je me dis qu’il faut du talent pour que ça marche.


Photo: Maxime Tranchaud

Parlez-nous des paroles.

Il y a un peu plus de sens qu’avant. Mais la mélodie, le phrasé, priment sur ce que veulent dire les paroles. Là sur l’album il y a la volonté de mettre des images sur les paroles, plus que pour les précédents albums où c’était un peu plus flou, où on faisait de la parole pour faire de la parole, juste pour que ça marche au niveau de la mélodie et de la rythmique. C’est un album lover-triste. Un peu à la Ramones, des chansons d’amour, le mec triste…

Vous avez réussi une pochette d’album extraordinaire. Qui est cette dame?

Quand on a posté sur le Facebook, ça a été commenté, il y a un mec qui a tagué la nana qui était prise en photo. Et donc il faut juste aller voir le post, et il y a le nom de la nana, qu’on ne connaît pas. C’est un ami, Maxime Tanchaud, qui a fait les photos.

Nouvel album, 2020, Sentimental, Rock, Garage, Punk, Sens capitale du monde

Sur vos clips, vous êtes toujours en train de manger. Il y a un problème à la cantine ?

On est des bons vivants ! On aime bien la bonne bouffe. Une de nos spécialités, c’est de remercier les gens qui nous font à manger pendant les concerts. Parce qu’on mange bien la plupart du temps dans les salles de concert, c’est cool. Sinon je ne sais pas, c’est une passion qu’on a tous. Si c’est dans nos clips, c’est le hasard, mais je te réponds avec la réponse qu’il faut donner aux journalistes. [rires]

Qu’est-ce qui vous amène à ces clips souvent déjantés?

Il n’y a pas de ligne directrice. Ce ne sont jamais les mêmes personnes qui font nos clips, sauf le dernier clip, c’est le même qui a fait « Trevor Philippe«  et qui avait fait « Big Brawl ». Hormis ça, on fait les clips avec des personnes différentes. Et on est plutôt nuls en idée de clip, ça se peut qu’on en donne deux ou trois mais en général on laisse faire. On fait confiance.

 

Ce qui prime c’est d’être pote

On voit les concerts redémarrer doucement. Quel est le premier groupe que vous avez envie d’aller voir?

Johnny Carwash, un groupe de Lyon (Page Facebook ici). On les connaissait déjà avant, et on a sympathisé pendant qu’on enregistrait l’album à Lyon. Pour nous tous, c’est vraiment the best groupe, ça vaut tout l’or du monde. Il y a une belle scène à Lyon, JP Goulag, Not Scientists… On est fan de la musique à Lyon. Ils n’ont juste pas trouvé leur ville, un jour ils vont venir habiter à Sens !

Vous avez signé chez Howlin’Banana, chez 3C aussi.

On se portait très bien avec ce qu’on avait, mais on pouvait toujours aller mieux. Et c’était compliqué avec Dirty Waters, le fait qu’ils soient en Angleterre, c’était pas simple. Et Tom [boss de Howlin’ Banana, NDLR], on se connaissait depuis un moment, et ça paraissait logique d’aller le rejoindre. C’est d’ailleurs plus parce qu’on appréciait Tom que parce que ça n’allait pas avec Dirty Waters. Tom, on aime ce qu’il fait, il aime ce qu’on fait, on s’aime bien tout court, il bosse bien. C’est parfait.

Tout comme pour le tourneur, on a parlé longtemps avec Pierre de 3C, et c’est important pour nous. C’est un groupe, c’est pas un projet avec un mec qui chante et des musiciens. C’est un peu cliché, mais on est un groupe de potes du primaire, du lycée, et ce qui prime c’est d’être pote. Et c’est ce qu’on cherche avec les gens avec qui on travaille, à l’image de Fred Millat [manager, NDLR] avec qui on est très amis. Ce sont des gens très sympa, on s’entend très bien avec eux, et ça marche très bien.

Sentimental, sortie le 21 mai 2021, en digital, vinyle et CD chez Howlin’ Banana
Toute l’actu de Johnny Mafia sur sa page Facebook.
 



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