The Black Mamba – The Mamba King

On est des foufous à La Grosse Radio : pour cette chronique, on vous propose un album de 2018 composé par une formation découverte à l’Eurovision. Vous savez, ce concours où le rock et le metal n’ont pas forcément leur place entre les bimbos et leurs refrains mille fois entendus et les ensembles folkoriques aux costumes chatoyants.

La plupart du temps, lorsqu’un groupe ose faire une musique avec des guitares, il est tout de suite taxé de musique pour chienne d’animateur fan de canapé rouge et d’hélicoptère. Et pourtant dans cette grande soirée kitsch il se passe parfois des coups de coeur. Non pas pour l’ersatz finlandais de Linkin Park, ni pour les italiens adeptes de la farine à pizza colombienne, mais pour un trio portugais intitulé The Black Mamba. Nous vous proposons donc la chronique de leur dernier album intitulé The Mamba King, sorti en 2018. 

Le groupe a certes sorti quelques albums et n’est pas sous la lumière des projecteurs, mais ce qui sort de The Mamba King est de qualité. Le groupe oscille entre le rock vintage, la funk et la soul avec la voix envoûtante de Pedro Tatanka (qui veut dire grand bête en langue lakota). Il faut dire que le chanteur prend tout l’espace avec sa voix nasillarde profonde et parfois même féminine. Sur le morceau éponyme, il est capable de narrer un texte à la façon de Joe Dassin dans « L’été indien », pour partir ensuite dans les aigus sur le morceau « Dfa », sorte d’hommage (ou plagiat ?) au funk de Prince. Vous l’aurez compris, l’album puise dans plusieurs ressources.

Le fil rouge de cet opus réside dans ce côté soul renforcé par la présence délicieuse de cuivres, comme sur « Grey Eyes » ou « Stronger ». À ce moment là, on n’est pas très loin de Tom Jones. Alors, que les fans de rock se rassurent : ils auront leur dose d’emblée avec « Blood Diamond » et son riff hyper groovy, soutenu par une section rythmique bien présente dans le mix et qui assure ! Niveau production, c’est de qualité et aucun instrument n’est oublié : des synthétiseurs tour à tour vintage et cheesy en arrière plan, au piano doux sur « Dfa » en passant par le quatuor à cordes de « Still I am Alive », qui rappellera les Beatles ou Sinéad O’Connor par son côté ballade pop.

Pièce maîtresse de l’album, « Slow it Down » et ces 9 minutes distille un rock teinté de funk avec son riff au clavinet à la Stevie Wonder, répété tel une jam où chaque instrument (guitare/orgue) va faire son petit solo. On se prend à réver d’une version rallongée en live où chaque musicien s’éclate. Car finalement c’est ce qui transparaît de cet album : une bande de potes qui prend du plaisir et qui nous donne du plaisir.

The Black Mamba, Eurovision, portugal, rock

En résumé, parfois l’Eurovision nous offre quelques moments de grâce, certes rares, mais cela fait du bien. Sur le devant de la scène est apparu un groupe portugais qui aime la musique et les choses bien faites. Profitons-en et savourons cette chance trop rare.

Tracklist
1  My Blood Diamond
2  Stronger
3  Still I Am Alive
4  She
5  Grey Eyes
6  Believe
7  Slow It Down
8  Dfa
9  The Mamba King

L’album est déjà sorti depuis trois ans sur le label Sony Music
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :
Advertisements