JunoLips – Apocalips

Si vous êtes des fidèles de La Grosse Radio depuis quelques années alors vous connaissez les Juno Lips. C’est obligé et pour plusieurs raisons. Son leader auteur-compositeur-interprète Nico (alias Cosmos dans les grandes heures du forum de notre site) a commencé à squatter les grosses ondes avec son ancienne formation Marizibill qui est devenu Juno Lips. A noter qu’au passage Nico s’est plagié lui-même en se pillant une partie de son répertoire. Aux dernières nouvelles il n’aurait pas porté plainte.

Le plus difficile pour un artiste n’est pas d’avoir du talent (sauf si on en n’a pas) mais c’est de trouver sa place dans l’offre musicale, trouver son style, le son de sa musique, l’image et si possible son public.

A notre rencontre (2007), Nico nous est apparu comme un chanteur plutôt variété avant de nous démontrer qu’il était un artiste de vrai rock, aux textes engagés et acides doublé d’un sacré frontman sur scène.

Vient donc de sortir APOCALIPS, premier album de Juno Lips. Oui mesdames, messieurs, un album de belle facture (9,90 € ici même) de 11 titres très bien (auto)produits.

Je ne tomberai pas dans la description de chaque titre, je préfère juste attirer votre attention sur un album qui me parait-être tout à fait fidèle à ce que Nico tente de véhiculer. Juno Lips nous poke façon geek, nous offre son plus beau sourire forcé, conduit la révolution, affronte l’apocalypse en rêvant d’Angela ou même tout ce que vous voulez.

Réalisation : Djo Nico – JunoLips / Production : Wonderland

Le monde de Juno Lips est à l’évidence un monde factice très inspiré du réel que l’on est obligé d’enjoliver pour survivre, de repeindre ou de styliser pour qu’il soit vivable ou pour qu’on s’en méfie. Le petit côté Chocolaterie de Tim Burton / Pirate des Caraïbes du clip de 3D Climax est un bon exemple de la dinguerie généralisée dont souffrent les gars de Juno Lips. C’est aussi une preuve que les très gros moyens ne sont pas impératifs pour produire de (très) bonnes choses.

Des tourneries très synthétiques (Angela) aux titres purement rock (Potemkine) en passant par des arrangements plus oniriques (Something Blue) ou ultra-produits (Allonsenfants), Juno Lips a trouvé sa voie dans le « J’me permets tout ». C’était peut-être la solution finalement, celle de ne pas s’enfermer dans un style. Peut-être pour ça aussi que les paroles sont chantées tantôt en Français, tant pis en Anglais. Tant pis car quand on sait ce que la plume de Nico peut tracer on regrette qu’il s’abandonne parfois à la langue de Muse.

Certains trouveront que le virage opéré (majestueusement de mon point de vue) vers une musique plus électro et produite risque de faire tomber le groupe dans une posture branchouille ; j’y vois pour ma part une évolution qui fait plaisir aux musiciens comme aux ingénieurs du son, le tout au service de compositions solides et bien pensées. Et là je voudrais rendre hommage au line-up de Juno Lips qui sont de redoutables musiciens. David Ponzoni, Romain Speiser, Frédéric « Hollow Man » Bry, Martin Brousse (alias un certain Totocaca connu de nos services). 

Pour conclure je dirai qu’Apocalips est un disque qui fera plaisir en partie à des gens très différents. Probablement que les rockeurs purs et durs regretteront les présences intenses de plans électro, les adeptes de dance floor regretteront que les textes ne soient pas mal écrits et les dingues de productions audio ne comprendront pas comment cet album est une autoproduction.

Junolips - Nico - extrait du clip 3D Climax
Nico – Clip de 3D Climax
 

Je parie déjà sur le fait que JunoLips s’amusera de ces brouillages de cartes. Souhaitons-leur tout de même de ne pas se priver de trop de gens, le second degré et le cynisme ne sont pas toujours compris comme ils le devraient. L’avantage est que les séduits seront ceux qui ont vraiment pigé l’esprit réel de l’oeuvre.

Ajoutons qu’au-delà de ces productions il faut y voir l’oeuvre d’un artiste qui, avec une belle bande d’amis, va au bout de ses conneries et finalement l’important est bien là.

Le mot de la fin au groupe : « A défaut de l’acheter, vous pouvez toujours y jeter une oreille. Même distraite. Cet album est très bon pour passer l’aspirateur ou faire son footing. C’est un album ménager. »

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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