Kemar de No One Is Innocent à  l’Xtreme Fest


À quelques semaines de la sortie d’Ennemis, le dixième album de No One Innocent qui verra le jour dès le 1er octobre via Verycords, on a eu l’occasion de discuter quelques minutes lors de l’Xtreme Fest 2021 avec Kemar, le leader et tête pensante du groupe. L’occasion pour nous d’en savoir plus sur le nouvel album à venir et de connaître plus en détail l’état d’esprit d’un Kemar plutot en forme au sortir du confinement avec la perspective de présenter ce nouveau disque…

La saison des concerts semble enfin lancée après la pandémie. Comment cette période si difficile pour l’industrie de la musique s’est-elle passée pour No One Is Innocent ?

On a eu la chance de terminer notre tournée Frankenstein fin 2019 et lorsque le confinement nous est tombé dessus en mars 2020, on avait déjà un peu commencé à travailler sur le prochain album. Nous avons donc passé toute l’année 2020 à avoir l’esprit vraiment focalisé sur les compositions à venir. Je pense qu’on a indirectement évacué cette frustration de ne pas pouvoir monter sur scène – car il y avait des dates prévues ici et là. De plus, le confinement nous a laissé plus de temps que prévu pour bosser sur cet album. Du coup, il y a eu deux ou trois nouveaux titres qu’on a composés et qui se sont retrouvés sur le disque.

Est-ce que le fait d’avoir eu plus de temps pour travailler sur l’album…

… en fait un meilleur album ? (rires)

Non ! Est-ce que ça te permet de voir Ennemis différemment par rapport aux autres ?

Oui un peu, c’est vrai. De mon côté, j’aime avoir du temps pour pouvoir peaufiner mes textes. Et puis j’ai senti qu’avec Poppy et Shanka nous prenions plus de plaisir à travailler de nouveaux trucs. Il faut se dire que le temps est toujours bénéfique pour nous et ce, même si la maison de disque met parfois la pression pour que l’album sorte à une date précise…

Et du coup, ça en fait un meilleur album ? (rires)

Ben ouais ! (rires) Et c’est vrai, en plus !

No One Is Innocent 1


Comment s’est passé la gestation de cet album ? Tout le monde a pu y mettre sa touche personnelle ?

Disons qu’on travaille beaucoup à trois avec Poppy et Shanka. On rumine tous les trois nos idées et on bosse dessus dès que possible. En ce qui me concerne, j’ai la chance d’habiter à côté de chez Poppy donc on se voit très souvent. Shanka qui habite à cinquante bornes nous envoie des trucs via le net. On rentre avec Poppy dans tous les trucs qu’il nous donne puis après on part chez lui pour travailler tout ça et c’est là que ça prend forme. Une fois qu’on a quelque chose de pas mal, on l’envoie à Gaël et Trandber. Le travail n’est jamais figé ; on fait toujours en sorte que les idées circulent constamment.

Qui s’est chargé de l’enregistrement de ce nouvel album ? Fred Duquesne ?

Non, cette fois-ci on a travaillé à Bruxelles avec un gars qui s’appelle Charles de Schutter avec qui Shanka et moi-même avions déjà travaillé auparavant. C’est un mec qu’on connait bien. Un mec de studio mais aussi de live qui est bien reconnu dans le milieu. Il ne se cantonne pas qu’au rock, au hardcore ou au metal, il fait pas mal de styles différents. C’est quelqu’un avec qui il est agréable de travailler. Il a été à l’écoute de nos doutes, de nos interrogations et c’est assez cool de pouvoir bosser avec lui car il y a eu très peu d’embrouilles en studio, au final.

Combien de temps cela a-t-il duré dans les studios ? Est-ce que tous les morceaux étaient déjà finalisés ou est-ce que vous vous êtes laissés une marge de manœuvre pour les peaufiner une fois en studio ?

On est resté un mois et demi en studio. Quand on est arrivés à Bruxelles, tous les morceaux étaient bien ficelés. Shanka a fait un super taf sur les pré-prods et on est était remontés à bloc. En fait, les pré-prods nous plaisaient à mort et on voulait vraiment passer au niveau supérieur. Ça n’a pas été évident pour nous et encore moins pour le mec qui était aux manettes car il avait une certaine pression ! (rires) En effet, quand on lui a dit qu’on était super contents de nos pré-prods, il a fallu qu’il fasse le maximum pour que ce soit encore mieux en studio ! (rires) Et effectivement, à un moment donné, il a su nous rendre plus musical et plus intéressant dans la façon d’appréhender certains titres. Il a fait un super taf !

Il a pu lui-même apporter ses idées et vous diriger vers d’autres approches ?

Oui, un petit peu… Il n’a pas changé les compositions car on a eu tellement de temps pour y travailler dessus – suite au confinement – qu’on était assez sûrs de nous à ce niveau-là, mais il a su en effet nous laisser entrevoir de nouvelles perspectives…

No One Is Innocent 2


À quoi peut-on s’attendre avec Ennemis prévu pour le 1er octobre ?

Ce sera le dixième album du groupe donc il marque un moment important dans notre histoire. Pour moi, il réunit peut-être toutes les meilleurs vibes qu’on a pu avoir dans Propaganda et Frankenstein. J’ai l’impression qu’on passe une étape dans les compositions, dans la variété des titres abordés, dans les thématiques de textes mais aussi dans la production car cet album sonne très live. Il y a un travail qui est différent des autres albums et qui se dissocie aussi de Propaganda et Frankenstein.

Le single « Forces du désordre » est sorti en juin et tape déjà très fort. Quel a été le retour des fans jusqu’ici ? 

Très bon retour ! Ce morceau est un peu en challenge. Beaucoup de gens nous ont demandé pourquoi on avait mis en avant un tel titre. En effet aujourd’hui, dans une époque où tout doit aller vite ou tout doit être vite consommé, c’est assez osé de sortir un single comme ça avec une intro aussi longue (elle fait une minute et quarante secondes) avant que ça pète littéralement. On a été assez audacieux sur ce coup-là…

En parlant d’audace, No One a toujours été un groupe live, un groupe de scène qui a toujours aimé la spontanéité et être proche du public. Comment tu as appréhendé votre concert filmé dans le cadre du Hellfest From Home sans public en face ?

Quand tu passes toute une période sans pouvoir jouer et qu’on te donne l’occasion de remonter sur scène même sans public avec de super conditions et une production qui te fait comprendre que le montage va être génial, ça donne tout de suite confiance. Tous ces trucs-là font que tu es déjà très content quand tu montes sur scène… même s’il n’y a pas de public. Et puis, on a la chance d’être dans une sorte de bulle quand on joue nos titres, on est pris par ce qui est raconté, ce qui est joué et il y a tout le temps une interactivité entre nous… C’est pour ça qu’on arrive à garder un côté spontané et que la bulle dans laquelle on est quand on joue nous permet de nous donner à fond sans pour autant avoir un public en face de nous. Tu peux retrouver ça quand tu nous vois nous réunir tout autour de la batterie pendant un concert…

En 2007, nous avions fait une interview pour la sortie de Gasoline et lorsque je t’avais demandé si tu pouvais écrire des chansons plus légères pour No One, tu m’avais dit que pour toi dans la société actuelle, la légèreté avait deux tonnes de plomb dans l’aile… En 2021, on en est où dans l’échelle du tonnage ?


Au niveau du tonnage ? (rires) Alors là, je pense que le plomb va être livré avec un supertanker ! (rires). Je trouve que c’est une bonne question ! Pour moi, la musique de No One permet de donner de l’intensité à ce qui est chanté, ce qui est joué. La légèreté va peut-être appréhendée différemment selon les gens qui écoutent nos morceaux… Dans mon processus d’écriture au sein du groupe, c’est comme si j’avais une armoire avec plein de choses à dire dans mes tiroirs. Je fais en sorte que la frustration qui alimentent mes textes devienne comme une sorte de thérapie. De ce fait, les thématiques fortes vont coller à une musique rentre dedans. Au tout début de No One, la symbolique a toujours été d’utiliser la musique pour dire des choses qui nous tenaient à cœur. C’est toujours le cas aujourd’hui : ce n’est pas avec No One qu’on va écrire des chansons d’amour… sauf peut-être pour « Où Veux-Tu Que Je T’aime » dans Révolution.com. On a réussi à placer « que je t’aime », c’est déjà pas mal ! (rires) Ce morceau se justifiait à l’époque, mais c’était un petit écart ! On utilise No One comme un exutoire, en fait…

No One Is Innocent 3


Que peut-on attendre de No One à court et moyen termes ? Une tournée pour promouvoir le nouvel album ?

Oui, on va essayer de faire pas mal de dates. Hier soir au Pont du Rock en Bretagne, on a eu carte blanche. Du coup, on a invité sept musiciens orientaux sur scène. On a joué avec eux sept titres au milieu du set. C’était magique ! C’est pour ce genre de choses qu’on fait de la musique, il faut bousculer les lignes quand on le peut ! On compte repartir en tournée avec de nouvelles idées de lights, de nouveaux arrangements, de nouveaux morceaux dans la setlist etc. On s’entend super bien entre nous et on prend toujours plaisir à jouer. On fait en sorte de ne jamais se reposer sur nos lauriers. C’est ça qui me fait continuer à faire ce que je fais… malgré mon âge vieillissant ! (rires)

Mais non, mais non… (rires) Est-ce que d’autres projets sont prévus ou du moins en cours de réflexion ?

Oui, on est actuellement en train de travailler sur le prochain clip, « Force Du Désordre » avec deux très jeunes mecs complètement allumés qui vont faire un clip tout en animation. C’est kiffant !

Crédits photos : Olga Robinson
 

Un grand merci à Vincent, Wiwi et MJ pour cette interview !

 

 



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