Hellfest 2025 – Samedi 21 juin : Les légendes du hard-rock, toujours aussi infatigables ?

Troisième journée de canicule sur les terres de Clisson. Après deux premiers jours compliqués, l'envie de continuer à découvrir des concerts demeure intacte. Le samedi apparait pour beaucoup comme une journée un peu plus calme en termes de programmation. Pourtant, entre grandes figures du rock (Judas Priest, SatchVai, Scorpions), des groupes de punk hardcore, et notamment une journée orientée metal progressif sous l'Altar, il y a toujours de quoi s'occuper.

Nos concerts du Samedi 21 juin : 

Crédit photo : Sara @GroovyMochi

Majestica - MainStage 2 - 11h40

Attention au départ

Les festivaliers présents en 2019 se souviennent du double show des Suédois de Sabaton. Lors du deuxième concert, Sabaton avait remplacé Manowar au pied levé et Joakim Brodén, sans voix, avait alors laissé sa place à Tommy Johansson. Le géant suédois avait alors assuré le chant et la guitare en même temps, conquérant le cœur des festivaliers par la même occasion. Aujourd’hui, Tommy (aussi multi-instrumentiste) a délaissé Sabaton pour se consacrer pleinement à son projet power metal Majestica. Et on a hâte voir ce que ça donne en live.

Le set démarre avec le bruit d’un train, en écho à l’artwork du dernier album Power Train (2024), plongeant immédiatement le public dans l’univers lumineux et épique de Majestica. Dès les premiers riffs du morceau éponyme, l’ambiance est posée : le power metal à l’ancienne, avec ses refrains héroïques et ses tempos soutenus, est de retour sous le soleil de Clisson.

Le son de Majestica se veut lumineux et positif, entre chevauchées héroïques et hymnes à chanter en chœur, porté par le jeu de guitare shred précis de Tommy, à la fois technique et mélodique. Les compos du groupes sont bien plus lisibles et fun que certains groupes du genre (coucou Sonata Arctica).

Il faut dire qu'en plus d'assurer au chant, Tommy a vraiment l'étoffe d'un guitar hero du power metal. Il impressionne par des parties solo aux inspirations très néo-classiques et descend ses notes (presque) à la vitesse d'un Yngwie Malmsteen. Le tout en assurant les harmonies avec son autre guitariste Petter Hjerpe. Ce qui permet au power metal de ne pas rester trop répétitif.

Le set est composé de morceaux taillés pour le live, avec un son de synthé rétro 80’s façon Europe particulièrement marquant sur "Night Call Girl", ajoutant un côté eurodance entrainant. D’autres morceaux comme "Above the Sky" rappellent également que Tommy aime parsemer ses compositions de clins d’œil à la pop culture. Ici, difficile de ne pas penser aux OST de jeux vidéo de Nobuo Uematsu, le compositeur majeur de la série Final Fantasy.

Le final fédérateur avec "Metal United" agit comme le Swedish pagan de Majestica, transformant la fosse en karaoké metal, avec ses “Wo-oh-oh” repris par le public dans une ambiance bon enfant. Simple mais diablement efficace pour clôturer le set dans la bonne humeur.

Malgré l’heure matinale, Majestica réussit à rassembler et réveiller Clisson avec ses hymnes solaires et épiques. Tommy, toujours aussi souriant, confirme qu’il est bien l’un des frontmen (et guitaristes) les plus attachants de la scène power actuelle.

Setlist

Power Train
Night Call Girl
Rising Tide
No Pain, No Gain
Above the Sky
Metal United

Crédit photo : Sara @ Groovy Mocci

Vulture Industries - Altar - 14h20

Le cabaret metal ouvre ses portes

Ce samedi, la programmation de l'Altar est spécialement consacrée au metal progressif. Un changement radical pour cette scène qui commence vraiment à délaisser ses habituelles sonorités death et extrêmes. Une ouverture bienvenue qui permet d’accueillir des propositions singulières comme Vulture Industries. Cela dit, l'étiquette  “metal progressif” apposé par le Hellfest n'est pas tout à fait exacte. Le groupe norvégien semble proposer plutôt un dark rock gothique, bien plus proche des Sisters of Mercy que des démonstrations techniques du metal prog classique. Cela est probablement lié fait que le set du groupe est principalement centré sur son dernier album Ghosts From The Past (2023). La formation norvégienne s'est en effet un peu assagie avec les années et s'est un peu éloignée de ses sonorités d'origine, plus metal.

La musique de Vulture Industries est teintée d'une ambiance cabaret absurde et d’un aspect théâtral assumé. Certains morceaux ont même une ambiance cinématographique. C'est le cas notamment sur "Deeper", marqué par ses “Ahaaam” repris tant bien que mal par le public, ainsi que l'utilisation intéressante de cuivres.

Sur scène, Bjørnar Erevik Nilsen, costume noir et cravate rouge, incarne un maître de cérémonie inquiétant, avec des mimiques dignes d’un vendeur ayant pactisé avec le diable. Derrière le groupe, les visuels projetés s’inspirent des cartoons expressionnistes des années 1920-1930, dans la lignée des Fleischer Studios (Betty Boop, Bimbo’s Initiation) ou des premiers Disney sombres (The Skeleton Dance), donnant un aspect légèrement dérangeant au concert.

Il faut attendre le final avec le long morceau "Blood Don’t Eliogabalus" pour voir surgir une facette la plus prog et folle. Un morceau qui permet de monter la saturation des guitares. Le guitariste Eivind Huse en profite pour revenir à des riffs metal prog en changeant de rythmes. Il propose également un très joli solo qui nous met dans une ambiance de fête foraine (voir la vidéo-ci dessous). A la différence des groupe de rock gothique, il y a d'ailleurs une vraie technicité dans les compositions du groupe avec  de nombreuses parties solo.

Le clou du spectacle arrive alors : un Bjørnar qui se lance dans une chenille géante avec le public avant de jeter des “sorts” aux festivaliers. Une conclusion qu'on a trouvé assez loufoque, voire un poil gênante. Si le genre n'est pas forcément le plus facile à écouter, Vulture Industries sait en tout cas faire le spectacle et proposer un show indéniablement singulier.

Setlist (incomplète): 

New Lords of Light
Saturn Devouring His Young
As the World Burns
Deeper
Blood Don't Eliogabalus

My Sleeping Karma - Valley - 17h40

Introspection psychédélique

My Sleeping Karma est certainement un des groupes qui a le plus sa place lorsque le soleil brûle en plein désert. Et c'est un peu la sensation éprouvée présentement devant une Valley sous canicule. Le trip des Allemands de  My Sleeping Karma : des chansons qui montent en puissance tout du long, bien planantes et bien progressives. Une invitation à fermer les yeux et se laisser porter par les vagues sonores. Assurément, c'est le groupe de heavy psychédélique qu'il ne fallait pas rater du festival.

Souvent les chansons partent d'une idée, d'un riff, et d'une mélodie qui sert de leitmotiv à ces longs morceaux. Le morceau monte alors en puissance autour de ce leitmotiv jusqu'à l'explosion. A ce titre, le tube "Ephedra", que le groupe introduit en français comme "une petite chanson" en est un parfait exemple. Impossible de ne pas évoquer le rôle central des synthés, qui plongent la Valley dans des sonorités space rock pinkfloydiennes. Ces nappes synthétiques délicates, tantôt planantes, tantôt cosmiques, enveloppent les morceaux d’une aura éthérée.

Mais surtout, ce set est chargé d'émotions pour le groupe, qu'on sent touché de rejouer ici en France après la mort tragique de son batteur Steffen Weigand il y a deux ans des suites d'un cancer. Le nouveau batteur André Stein honore magnifiquement la mémoire de Steffen, et l’on ressent ce lien invisible entre le groupe et la foule. Un vrai beau moment vécu sur scène.

Pour reprendre le commentaire d'un fan : “Que ce soit un groupe allemand qui nous livre la clé du paradis hindou est remarquable, comme si Hermann Hesse [un auteur allemand très connu, ndlr] et son Siddhartha se transformaient en musique.” Il n’a pas tort : My Sleeping Karma puise dans l’hindouisme et la philosophie indienne (on le voit dans les titres "Prithvi", "Brahama", "Maya Shakti") pour infuser sa musique instrumentale d’une dimension spirituelle, invitant à l’introspection. Comme Siddhartha, sa musique est comme un voyage initiatique intérieur. Et c’est sans doute cette capacité à créer une sorte d'espace de paix psychédélique qui rend son passage au Hellfest aussi précieux.

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Setlist

Brahama
Prithvi
Ephedra
Maya Shakti
Ahimsa
Psylocybe
Hymn 72

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Stick To Your Guns – Warzone – 15h05

Du punk rock et du punk hardcore à la fois

Changement de style avec la Warzone, la scène qui permet aux festivaliers de se cacher et de littéralement se couper le cerveau le temps de quelques morceaux quelque peu énervés. D'ailleurs Stick To Your Guns (STYG) le rappelle :  “We are idiots from Los Angeles”, lâche le chanteur Jesse Barnett dans un grand sourire, fidèle à sa sincérité brute.

Malgré l’absence de leur bassiste fraîchement papa (compensée par une basse enregistrée qui rend le set un peu moins naturel), STYG déploie une énergie qui transforme la Warzone en terrain de moshpits, circle pits et autres joyeusetés.

Les Californiens viennent défendre leur dernier album Keep Planting Flowers, tout en rendant hommage à leurs racines hardcore. Ils ne manquent d'ailleurs pas lors de “Severed Forever” de dédier le morceau à Terror. Les coreux passent d'ailleurs sur le set suivant sur la Warzone.

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

 Si ses deux derniers albums sont parfois jugés moins percutants, le groupe prouve qu’en live, il reste hyper fédérateur, alternant refrains catchy dignes de Papa Roach et passages hardcore plus bruts. Ce qui permet de capter l’attention des non-initiés grâce à ce déséquilibre assumé. Entre deux charges, le groupe prend aussi le temps de dire merci à la fin de chaque morceau, rappelant que le hardcore peut rester intense tout en étant une affaire de respect et d’humilité.

Moment mémorable : Jesse Barnett appelle à un circle pit autour de la régie pour fêter l’anniversaire de leur ingé-son Jay, concluant dans un rire “We are not quite there but you did your best, I suppose” ("on n'y est pas tout à fait, mais vous avez fait de votre mieux, j'imagine"). Qui sait, une Warzone d'il y a quelques années  aurait peut-être relevé le défi avec succès...

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Setlist :

Nobody
Invisible Rain
Such Pain
What Choice Did You Give Us
Nothing You Can Do to Me
Severed Forever
Married to the Noise
Permanent Dark
More Than a Witness
Amber
Spineless
Against Them All

Terror – Warzone – 20h40

Knocked-out dans le pit

Ils ne sont pas là pour plaisanter. Dès les premiers riffs, les musiciens de Terror transforment la Warzone en ring à ciel ouvert, chacun des morceaux frappant comme un uppercut bien placé. Oui, Terror, c’est l’assurance d’un set d'où tu ressors essoré, le sourire aux lèvres, le t-shirt trempé. Mais surtout ce sont des morceaux de hardcore punchy ultra efficaces qui ne dépassent jamais les trois minutes, et c'est ce qui fait la beauté du genre.

Scott Vogel est un frontman que beaucoup citent comme le meilleur. Malgré une silhouette amincie, son énergie reste intacte, haranguant la foule, invitant aux stagedives (“Soundguy! Can I get more stagedives on the monitors?!”). Chaque titre fait office de détonateur à moshpit.

À un concert de Terror, la foule devient parfois un spectacle plus impressionnant que le groupe lui-même. La Warzone s’embrase en circle pit géant et même les plus timides finissent happés par cette intensité fédératrice. D'ailleurs, pendant que le chaos règne dans le pit, des membres de Turnstile et de Stick To Your Guns sont eux-mêmes sur le côté de la scène pour regarder le show. Preuve que même les nouvelles stars du hardcore continuent de s’inspirer de la furie live des Californiens. Les cinq musiciens de Terror n’ont pas besoin d’artifices pour retourner un festival : leur sincérité, leur rage et leur énergie brute font tout le travail.

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Setlist :

One With the Underdogs
Spit My Rage
Stick Tight
Hard Lessons
Lowest of the Low
Pain Into Power
Return to Strength
Can't Help but Hate
The 25th Hour
Always the Hard Way
Boundless Contempt
Overcome

Satchvai - Mainstage 1 - 19h

Duo de guitar heroes

Ce n’est pas un concert, c’est une masterclass à ciel ouvert. Dès les premières notes, Joe Satriani et Steve Vai transforment la Mainstage en temple de la guitare, où chaque chaque note semble suspendue. À leurs côtés, Marco Mendoza à la basse assure le groove avec une classe discrète, offrant même sa voix comme sur "I Wanna Play My Guitar".

Le set déroule un best of des classiques des deux légendes américaines de la guitare, mais débute d'abord par des morceaux en collaborations qui électrisent le public. On note notamment "Sea of Emotion Part 1" : refrain catchy,  soli de légende, des harmonies fluides, et cette complicité qui rend leur duo unique.

C'est ensuite que Satriani déroule alors tout seul son mythique "Surfing With the Alien" (1987) dans une ambiance quasi religieuse. Pendant ce temps là Steve Vai prend une petite pause. Après "Sahara", il revient alors sur scène en solo pour montrer ses talents, et accessoirement, laisser partir Satriani en pause. Sur "Teeth of the Hydra", Vai s’avance, pose sur son épaule sa guitare triple manche (dont un utilisé en tant que basse) tel un seigneur de la guitare. Harmoniques sifflées, tapping polyphonique, textures à trois manches : un instant de pure magie qui laisse le public bouche bée.

Et alors qu’on se dit que ce moment ne pourra pas être surpassé, Satriani revient le rejoindre sur scène. Ensemble, en plus de rejouer deux classiques de Satriani ("Satch Boogie", "If I Could Fly"), ils livrent un final somptueux avec "Always with Me, Always with You" et "For the Love of God". Des titres au parfum rock FM, oui, mais où la sensibilité et la technique fusionnent. Un enchaînement que nous approuvons fortement malgré tout.

Il reste cependant un morceau : "Born to Be Wild", histoire de clore le set en beauté. Un bouquet final qui rappelle qu’au-delà de leur statut de légendes, Steve Vai et Joe Satriani sont avant tout deux passionnés, qui n’ont jamais perdu la fougue de leurs débuts. Et à les voir, on se dit qu’ils sont loin, très loin, de paraître leur âge (plus de 65 ans pour Vai, plus de 68 pour Satriani).

Setlist

I Wanna Play My Guitar
The Sea of Emotion, Pt. 1
Zeus in Chains
Ice 9 / The Crying Machine
Surfing With the Alien
Sahara
Teeth of the Hydra
Satch Boogie
If I Could Fly
For the Love of God
Always With Me, Always With You
Born to Be Wild

VOLA - Altar - 21h45

Quand Meshuggah rencontre la douceur

VOLA est de ces groupes rares capables de brouiller les frontières musicales. Sous leur étiquette de metal progressif moderne teinté de djent, façon Meshuggah, et avec des guitares accordées très bas, les Danois cachent en réalité une musique étonnamment riche, où se mêlent dream pop électronique, mélodies délicates et atmosphères planantes inattendues. Loin de la répétitivité souvent reprochée à ce style, VOLA apporte constamment des touches innovantes qui transforment chaque morceau en une expérience unique.

Dès les premiers morceaux comme “Head Mounted Sideways”, le groupe pose une esthétique visuelle épurée et percutante, renforçant la puissance de la musique. Le chanteur Asger Mygind surprend immédiatement avec une voix robotique façon Daft Punk, avant d’enchaîner sur des passages pop aériens suivis de gros riffs binaires massifs. La voix robotique sur “Are You Ready?” amplifie ce sentiment futuriste et sombre, complétée par des riffs djent/metal prog, plongeant le public dans une atmosphère lourde et sombre, particulièrement appréciée.

Sur “These Black Claws”, c’est la stupéfaction générale lorsque survient une partie rap totalement inattendue. Le public est d’abord médusé, certains regards incrédules s’échangent dans la foule. Mais très vite, cette audace s’insère naturellement dans l’ensemble, et les gros riffs djent achèvent de convaincre les festivaliers. L’expérience prouve cette maîtrise du groupe dans l’art de fusionner les genres.

Petit retour aux sources ensuite avec “Stray the Skies”, tiré du premier album du groupe, Inmazes, sorti en 2015. Le morceau marque un moment particulier grâce au son vintage du clavier de Martin Werner, très différent des textures actuelles. Cette incursion nostalgique rappelle le passé plus djent et agressif du groupe. On remarque aussi un petit jeu de scène original : une pause inattendue où tous les musiciens semblent s’attendre les uns les autres avant de reprendre de plus belle, ajoutant une pointe d’humour à leur prestation.

Sur “Cannibal”, moment très attendu, VOLA s’offre le luxe d’inviter sur scène Einar Solberg, chanteur de Leprous, pour assurer les parties screamées interprétées par Anders Fridén sur le dernier opus. Einar surprend agréablement, adoptant un scream aigu différent de son approche habituelle, plus proche du registre de Fridén. Les fans de prog réunis dans la fosse savourent pleinement cet instant unique.

L’ambiance devient soudainement martiale et oppressante avec “Bleed Out”. Le jeu de lumières teinté de rouge et la tension apocalyptique rappellent irrésistiblement “The Sky is Red” de Leprous, avec un côté toujours Meshuggah très marqué, à la fois puissant et hypnotique.

Enfin, sur le dernier morceau, “24 Light Years”, issu de son récent album Friend of a Phantom (2024), VOLA propose un final grandiose et mélancolique. Baignée d’une lumière violette avec en fond un visuel de cerf doré, la chanson culmine sur un incroyable solo de batterie d’Adam Janzi, aussi impressionnant par sa présence scénique que par son tatouage imposant. Ce dernier moment heavy et planant laisse le public émerveillé, avec l’envie irrépressible de se replonger dans toute la discographie du groupe.

Assurément, avec ce set construit principalement autour des albums Witness (2022), considéré par Asger comme l'album le plus abouti du combo, et Friend of a Phantom, plus rock prog et plus pop, VOLA a livré l’une des performances les plus originales et captivantes du festival. Un groupe à suivre absolument.

Setlist

We Will Not Disband
Stone Leader Falling Down
Paper Wolf
Head Mounted Sideways
I Don’t Know How We Got Here
These Black Claws
Stray the Skies
Cannibal
24 Light-Years
Inside Your Fur
Bleed Out
Straight Lines

Judas Priest - Mainstage 2 - 21h50 

Des classiques et des inédits

Pas besoin d’échauffement pour les vétérans de Birmingham : Judas Priest balance d’emblée "War Pigs" en bande-son d’intro, en hommage aux confrères de Black Sabbath. Ce titre prend une résonance particulière car quelques jours plus tard, le groupe reprendra officiellement ce même morceau dans un clip hommage pour le concert d’adieu de Black Sabbath. Sobrement nommé Back to the Beginning à Birmingham, il bouclera ainsi l’histoire des pionniers du heavy metal.

Sur scène, le décor est planté : la tournée Shield of Pain célèbre les 35 ans de Painkiller, et ça se sent. Pas moins de sept titres de cet album mythique sont alignés, transformant le Hellfest en cathédrale de heavy metal. "Hell Patrol", "All Guns Blazing", "A Touch of Evil", "Night Crawler"… On savoure chaque riff, chaque break, le tout porté par un son plutôt correct.

Le début de set est incisif et catchy, captant immédiatement l’attention. Les guitares rugissent, les têtes s’agitent dans le pit, et le public se laisse emporter sans résistance. "A Touch of Evil", rarement jouée, fait partie de ces petites raretés qui récompensent les fans du groupe et ça se sent.

Crédit Photos : Florentine Pautet pour Hellfest Productions

Le milieu du concert marque toutefois un ralentissement, car une fois passé "One Shot at Glory", les morceaux peinent à maintenir l'élan initial... Cela dit, les titres du dernier album Invincible Shield trouvent naturellement leur place dans le set, confirmant que le groupe sait encore composer des titres solides et puissants, même après tant d'années. D'autant que la fougue des guitaristes Richie Faulkner et Andy Sneap donnent toujours une dimension bien épique au show.

Le set re-décolle dans sa dernière partie, avec des tubes indémodables qui nous rappellent pourquoi on aime tant ce groupe . Difficile de ne pas être admiratif devant Rob Halford, qui, à 73 ans, tient toujours la scène avec un charisme brut et un respect total pour son public.

Le moment tant attendu arrive d'ailleurs : Rob Halford revient sur sa moto pour lancer "Hell Bent for Leather", un moment inévitable, mais toujours aussi culte. Le set se termine alors par un autre classique (et un peu kitsch) "Living After Midnight", repris et scandé par la foule. Mais s'il fallait retenir une chose de ce concert, c'est que Judas Priest a encore rappelé ce soir que le heavy metal vit toujours grâce à ceux qui l’ont forgé.

Crédit Photos : Florentine Pautet pour Hellfest Productions

Setlist

War Pigs (audio)
All Guns Blazing
Hell Patrol
You've Got Another Thing Comin'
Breaking the Law
A Touch of Evil
Night Crawler
Battle Hymn (audio)
One Shot at Glory
Gates of Hell
Between the Hammer and the Anvil
The Serpent and the King
Giants in the Sky
Painkiller

Encore :

Scorpions - Mainstage 1 - 23h10 

Indémodable malgré 60 ans de carrière

Les Allemands de Scorpions fêtent cette année leurs 60 ans de carrière, et le Hellfest leur offre une Mainstage pleine pour cette célébration. Le concert s’ouvre sur une vidéo rétrospective émotive retraçant leur parcours hors norme, entre images d’archives, chiffres impressionnants et symboles d’une carrière XXL. Un clin d’œil nostalgique qui capte d’emblée les écrans de la foule.

Le show démarre sur l'excellente "Coming Home", et l’osmose entre Rudolf Schenker et Matthias Jabs saute immédiatement aux yeux. Les deux guitaristes livrent un jeu précis, complice et vibrant qui impressionne pendant tout le set. La setlist reste cependant très classique, sans surprises majeures malgré l’anniversaire, avec les attendus "The Zoo", "Wind of Change", "Big City Nights", "Still Loving You" et le final "Rock You Like a Hurricane". On aurait aimé plus de profondeur et quelques raretés pour cette tournée symbolique, mais Scorpions mise sur l’efficacité, et cela fonctionne auprès d’un public conquis d'avance.

Crédit Photos : Sara @ GroovyMochi

Dans ces moments qui font sourire, on retient le petit drapeau français brandi derrière sa batterie par Mikkey Dee, qui semble toujours très heureux de rejouer là où reposent désormais les cendres de Lemmy, son ancien compère de MotörheadÀ 77 ans, Klaus Meine accuse le coup physiquement, souvent agrippé à son pied de micro. Mais lorsqu’il lâche son « We are back in Hellfest, baby! », on comprend qu’il vit pour ces instants, et qu’il le mérite amplement. Y a t-il vraiment quelqu'un d'autre que Klaus Meine pour sortir une telle réplique ?

Pour le reste, on vous conseille d'aller jeter un œil au live report détaillé de Scorpions à Paris quelques jours plus tard. Un show très similaire avec quelques chansons en plus, mais qui n'est pas resté moins nostalgique que celui-ci. Finalement, de nombreux festivaliers ont reconnu que les Allemands continuaient parce qu'ils adoraient se produire sur scène. Un constat qu'on partage tout à fait, tant les musiciens ont l'air d'avoir pris un sacré plaisir à jouer pour le Hellfest.

Crédit Photos : Sara @ GroovyMochi

Setlist

Coming Home
Gas in the Tank
Make It Real
The Zoo
Coast to Coast
Top of the Bill / Steamrock Fever / Speedy's Coming / Catch Your Train
Bad Boys Running Wild
Send Me an Angel
Wind of Change
Loving You Sunday Morning
New Vision
Tease Me Please Me

Big City Nights
Still Loving You

Encore:
Blackout
Rock You Like a Hurricane

Turnstile - Warzone - 01h00

Le concert sensation du festival ?

Révélation de la scène punk-hardcore de ces dernières années, que valait vraiment Turnstile en live au Hellfest ? 

👉Lire le live report détaillé 👈

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Petite mention en passant aussi au set du trio post-metal instrumental américain Russian Circles. Les rois du son ultra-saturé ont livré un show avec un jeu de lumière tout simplement exceptionnel. Probablement le set avec le meilleur son du week-end. Les différentes boucles sonores de Mike Sullivan porté par le son de basse si lourd et si authentique Brian Cook font de ce groupe une référence dans leur genre. Sa musique si sombre et si lourde a définitivement fait mouche devant une Valley complètement bondée.

Malgré une nuit enfin un peu fraiche sur le festival, la ferveur du show des Américains de Baltimore nous a encore bien gardé au chaud jusqu'au bout de la nuit. Le dimanche, qui s'annonce plus clément en température est encore une fois si vite arrivé. Et en plus d'un feu d'artifice (tant attendu par les festivaliers) sur la dernière journée, il y aura encore une fois pléthore de découvertes musicales à faire.

Photos :

Sara Jisr/@GroovyMochi (ambiance + concerts)
Florentine Pautet, pour Hellfest productions (Judas Priest)

Toute reproduction interdite sans l'autorisation des photographes.



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